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Si les plastiques font l’actualité ces jours-ci et que le jour mondial de l’environnement (5 juin) a choisi ce sujet comme thème central ce n’est bien sûr pas un hasard…le plastic est devenu une source majeure de pollution qu’il devient de plus en plus difficile à contenir.

Je ne tenterai pas de tout couvrir sur le sujet du plastique dans cet article, celui-ci étant trop vaste et que bien d’autres sources d’information, que je vous propose tout au long de ce texte, vous seront plus utiles pour mieux comprendre les enjeux liés aux plastiques. J’avais d’ailleurs abordé la question du recyclage dans mon précédent article.

Je disais donc « difficile à contenir », car le sujet est complexe. Il n’existe pas un plastique, mais des plastiques, requérant ainsi non pas un, mais plusieurs procédés de fabrication certes, mais aussi de recyclage ou de valorisation. Le plastique est partout : emballages, fibres de vêtements, matériel de construction, biens de consommation, etc. La complexité réside aussi dans le fait que l’on retrouve des résidus de plastique aux quatre coins du globe depuis nos rivières et océans jusqu’au sommet de nos montagnes les plus hautes. De plus, ces résidus sont de toute taille, entre les macroplastiques, difficile de ne pas les remarquer, les microplastiques (comme les microbilles) qui exigent un bon œil pour les repérer ou encore, les nanoplastiques, invisibles à l’œil nu et fort volatiles. Autre élément de complexité est notre relation avec les plastiques ou devrais-je dire notre dépendance croissante.

Pour celles est ceux qui aiment les stats, rappelons que sur plus de 400 millions de tonnes de plastique produites dans le monde chaque année (contre 2 millions en 1950), approx. 40% sont utilisées par le secteur de l'emballage, et principalement pour fabriquer des emballages à usage unique. Depuis 2015, près de 6 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été produites. Environ 9 % ont été recyclés (15% collectés), 17 % ont été incinérés et 74 % ont été accumulés dans des décharges ou dans la nature. Vous avez certainement entendu parler des « continents » ou « soupes » de plastique qui se forment avec les gyres océaniques…un triste exemple de la mauvaise gestion de nos déchets.

« Les plastiques ont été conçus à l’origine pour être utilisés comme des matériaux résistants et de leur longue durée. Paradoxalement, ils sont aujourd’hui de plus en plus utilisés pour des usages uniques de courte durée… Il en résulte que 81 % des plastiques mis en circulation deviennent des déchets au bout d’une année ». Extrait du rapport présenté au Sénat, en France, en 2020 et intitulé « Pollution plastique : une bombe à retardement ». Une terminologie reprise par le président français lors de l’ouverture des négociations internationales, qui se sont tenues à Paris tout récemment, pour un traité mondial pour mettre fin à la pollution du plastique : « La pollution plastique, c'est donc une bombe à retardement en même temps qu'un fléau déjà présent ».

Concernant notre relation avec les plastiques, je vous invite à regarder un documentaire très révélateur qui s’intitule « Cher plastique, une histoire d’amour toxique » et qui montre comment nous sommes passés d’une solution quasi miraculeuse à un enjeu créant toutes sortes de maux.   Ce documentaire puise d’ailleurs une partie de son contenu dans le rapport présenté au Sénat et offre un entretien avec une de ses autrices.

Un élément plus sournois de toute cette problématique est lié aux additifs utilisés dans la fabrication des plastiques. En effet, un plastique est constitué d’un ou plusieurs polymères auxquels sont ajoutés des plastifiants et des additifs (colorants, antioxydants, retardateurs de flamme, etc.). Ces additifs peuvent être libérés selon les différents usages du plastique. Ainsi, par le biais des substances chimiques qu’ils contiennent, les déchets plastiques peuvent être source de contaminants de type perturbateur endocrinien ou polluants organiques persistants. Avaler ou respirer de tels composés chimiques engendre des effets toxicologiques variables sur la physiologie, le métabolisme, le comportement et la reproduction. On retrouve des micro/nanoplastiques dans les poumons, le foie, le sang, la rate et les reins d'êtres humains et des produits chimiques comme le bisphénol A, les phtalates et les polychlorobiphényles (PCB), peuvent aussi s’immiscer dans le corps…Je préfère arrêter là ce portrait désolant voir effrayant et vous inviterez à consulter les liens dans ma page de « liens utiles » si vous voulez en savoir plus.

Il est aussi important de rappeler que le plastique ne se manifeste pas seulement sous forme d’emballage, bouteille, sac et objets de toute sorte, mais aussi en vêtements. 60 % des matières transformées en vêtements sont composées de plastique, notamment de polyester, d’acrylique et de nylon. L’usure de ces vêtements, par leur utilisation ou le lavage, libère de grandes quantités de fibres synthétiques qui polluent l’eau et l’air et éventuellement les êtres vivants. Selon une étude de l'organisation Ocean Wise, un foyer moyen aux États-Unis et au Canada émet 533 millions de microfibres par an. Si certains filtres de machine à laver ou sécheuse et les systèmes de traitement des eaux arrivent à en filtrer une grande partie, il n’en reste pas moins que l’on estime à plus de 800 T de microfibres qui termine dans les cours d’eau et océans.

Je reprendrai pour conclure ce portrait un extrait du rapport cité plus haut : « Les plastiques ont été conçus à l’origine pour être utilisés comme des matériaux résistants et de leur longue durée. Paradoxalement, ils sont aujourd’hui de plus en plus utilisés pour des usages uniques de courte durée. »

Ce qui m’amène au sujet des solutions. Réduire notre production de plastique est la démarche la plus ambitieuse, mais aussi celle qui a le plus de sens. L’Europe et le Canada abondent dans ce sens, alors que d’autres pays (EU, Chine, etc.) souhaitent mettre l’emphase plus sur le recyclage et la meilleure gestion des déchets. Il va sans dire que tant que nous aurons du plastique il nous faudra apprendre à mieux le gérer et particulièrement en fin de vie. Mais force est de constater que malgré les bonnes intentions et les efforts investis, nous n’arriverons pas à contenir tout le flot de plastique qui circule et que réduire la production reste un incontournable. Rappelons que la production est en croissance exponentielle présentement. Cela voudra dire trouver des alternatives, mais aussi, et surtout, à titre d’individu, de collectivité et d’entreprises, consommer et gaspiller moins. Il faut aussi bannir les substances toxiques qui le composent, ce qui requiert transparence de la part des fabricants et innovation pour remplacer ces substances, et des lois plus contraignantes à cet effet.

Nous voyons de plus en plus d’initiatives de par le monde pour bannir les sacs en plastique et les plastiques à usage unique, c’est un début, mais il faut pousser plus loin et en parallèle amplifier les initiatives de nettoyages pour libérer nos cours d’eau, nos océans et nos milieux naturels en général de cet envahisseur non désiré.

Je terminerai par citer quelques conseils rapides à l’échelle de nos foyers : Acheter le plus possible en vrac nos aliments et nos produits ménagers fait partie de la solution. Quant aux vêtements, les laver moins souvent, préférablement à l’eau froide ou tiède et avec du détergent liquide et sans utiliser de sèche-linge. Utiliser des contenants réutilisables et durables. Et naturellement, consommer moins et mieux.

Frédéric

Ce Blogue est pour moi une vitrine d'idées, de réflexions et de recommandations sur tout sujet touchant de près ou de loin aux notions de durabilité environnementale, de transition écologique et de résilience climatique.

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