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Je ne cherche pas à confronter les deux concepts, car après tout, pourquoi chaque individu de cette planète n’aurait pas droit aussi à visiter la Rambla de Barcelone, arpenter les îles mythiques de Grèce ou encore faire le tour des Galápagos.
 
Force est de constater cependant que plusieurs destinations touristiques souffrent sérieusement de leur popularité, créant des dommages parfois irréversibles, suscitant la grogne des locaux ou encore rendant l’expérience guère appréciable au visiteur pris dans la congestion humaine.
 
Il résonne encore en moi, des propos prononcés cet été par le maire de la station balnéaire en France à laquelle je me rends depuis ma tendre enfance et qui venaient en réponse à des commentaires critiques de vacanciers saisonniers s’exprimant sur un achalandage de plus en plus élevé sur les plages ainsi que sur le bruit et les difficultés de déplacement générés par tout cette cohue estivale. Celui-ci fit comprendre à ces personnes et aux autres abondants dans le même sens, que s’ils étaient indisposés ils n’avaient qu’à venir en dehors des mois de juillet et août… Le maire passait ainsi le message à l’auditoire que la municipalité avait choisi la voie du développement touristique, première source de revenus, et donc il fallait accepter les inconvénients venant avec cela.  Cela nous ramène dans le fameux faux débat du développement économique versus environnement et bien être social. Certes le bien-être nécessite d’être évalué selon différent points de vue et certainement celui du citoyen qui a son commerce et celui du vacancier saisonnier peuvent aisément différer, mais les concepts de développement durable visent justement à unifier les sphères économiques, sociales et environnementales, et cela avec succès comme on peut aujourd’hui l’observer dans bien des secteurs d’activités.
 
L’idée ici est de voir comment marier les notions de retombées économiques reliées au tourisme sans pour autant perdre de l’authenticité et du sentiment de bien-être et tout en minimisant voir compensant les impacts environnementaux inévitables.
 
Dressons avant tout un portrait plus macro de la situation…Nous sommes en effet, passé de 25 millions de touristes internationaux en 1950, à plus de 500 millions en 1995, et en 2017, ils étaient, ou devrais-je dire, nous étions 1,3 milliard…et ce chiffre ne cesse de croître. A cela s’ajoutent les innombrables touristes nationaux qui pour certaines destinations surpassent les touristes étrangers.
 
Une population mondiale qui croit à une vitesse fulgurante, le pouvoir d’achat des classes moyennes grandissant, et d’autres phénomènes tels que les médias sociaux et le Home Sharing type AirBnB sont parmi les premiers facteurs qui accentuent ce flux touristique.
 
Pour pallier ce problème, comme dans tous les autres secteurs économiques, l’approche doit  être axée sur un développement dit durable.  Mais comment cela se transpose dans le domaine du tourisme? Commençons par une définition, soit celle du UNWTO (Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies) : un tourisme durable est "un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. "
 
Mais voilà, on ne semble pas avoir vu le phénomène venir et de plus en plus d’articles dans les médias abordent le sujet des irritations créées par un flot grandissant de touristes à l’échelle de la planète, sans parler d’amis et autres connaissances qui se plaignent, à titre de vacanciers ou de résidents, du trop plein de touristes. Barcelone est une des premières villes faisant couler de l’encre sur une telle situation devenue insoutenable pour beaucoup. Et la liste est longue, on peut penser entre autres à Venise ou Dubrovnik.  
Certaines destinations urbaines, deviennent des sortes de parc à thème…ou bientôt, les quartiers seront délaissés par les habitants d’origines, n’ayant plus les moyens ou l’envie de rester, laissant place à des figurants rémunérés pour jouer aux locaux, adoptant les tenues vestimentaires, les expressions, les us et les coutumes ancestrales. Et ce ne sont pas que les milieux urbains qui soufrent de cet achalandage grandissant, prenons le Mont Blanc et les innombrables déchets laissés par les alpinistes, qui semblent se soucier peu de la devise « Leave No Trace ».
 
Alors que faire ? Comme élément de réponse je propose de s’attarder sur le rapport produit  conjointement par la firme McKinsey et le WTTC (World Tourism Travel Council).
 
On peut y lire que  cinq problèmes majeurs liés à la surpopulation touristique identifiés par l’étude sont : les résidents locaux aliénés;  des expériences touristiques dégradées; des infrastructures surchargées; des dommages à la nature et des menaces pour la culture et patrimoine. Pour remédier à et prévenir de telles situations, le rapport recommande quatre pratiques exemplaires à la base d’une saine gestion et d’une croissance réussie des destinations touristiques : Construire une base factuelle complète et la mettre à jour régulièrement; établir une stratégie de croissance durable à travers une planification rigoureuse à long terme ; impliquer l’ensemble des acteurs de la société - commerciale, publique, et sociale ; trouver de nouvelles sources de financement.
 
Finalement retenons 5 pratiques identifiées par l’étude : Lisser le flux des visiteurs dans le temps ; Répartir les visiteurs sur les sites ; Ajuster les prix pour équilibrer l'offre et la demande ; Réglementer l'offre d'hébergement ; Limiter l'accès et les activités.
 
On peut déjà voir plusieurs sites importants qui ont mis en œuvre certaines de ces pratiques. En terme de limiter l’accès, pensons entre autre au Machu Picchu, aux iles Galápagos, ou plus près de chez nous la visite des lanternes au jardin botanique de Montréal qui requiert une inscription au préalable pour un nombre de visiteur maximal par créneau horaire. Il en ressort une expérience plus agréable et des photos ou les touristes n’obstruent pas la vue en plus d’une pérennité accrue du site lui-même. Certains sont allés plus loin en interdisant carrément l’accès comme c’est le cas des grottes de Lascaux en France, de certaines iles en Thaïlande ou encore du fameux rocher Uluru en Australie.
 
Souhaitons ne pas devoir en arriver à des solutions radicales, mais parfois nécessaires, comme celle prise pour les grottes de Lascaux, invitant le touriste à une visite virtuelle de sorte à ne plus endommager le site réel. Il revient aux gestionnaires publiques, aux entreprises et à la société civile d’arriver à instaurer des approches durables pour que nous ayons toujours tous le plaisir de jouir des merveilleuses destinations touristiques dont regorge notre planète. Il en revient aussi à nous en tant qu’individu de montrer respect, modération et de diversifier nos destinations, et d’encourager celles qui démontrent un engagement pour un tourisme durable.

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Vous avez déjà entendu parler des 3RV …faisant référence à la réduction, au réemploi, à la récupération et à la valorisation. Toutes ces approches sont des alternatives à l’élimination, qui ne fait que remplir voire déborder les sites d’enfouissement.

Il va sans dire que de toutes ces approches, la réduction est la première à prendre en compte. Ne dit-on pas que « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». Alors posons-nous la question avant d’acheter quelque chose…En ais-je vraiment besoin ? Ou est-ce la publicité ou le marketing qui a créé ce soit disant besoin ? Et si j’en ai absolument besoin, n’y a-t-il pas d’autres alternatives que l’achat ? Je pense à un autre objet déjà en notre possession qui remplirait des fonctions similaires ou aussi l’emprunt à quelqu’un de notre entourage, à qui vous pourriez même l’acheter s’il prenait la poussière et que la fréquence de votre utilisation le justifie.  Dans nos sociétés occidentales l’accumulation semble être toujours le mot d’ordre. Mais reconnaissons le, au bout du compte, quel gaspillage !

Pour vous donner une idée de l’importance  du gaspillage, il suffit de regarder la production mondiale de déchets avec une moyenne de 1,2 kg par personne par jour. Dans grand nombre de pays occidentaux vous pouvez multiplier ce chiffre par deux. Mais le chiffre le plus inquiétant est celui des déchets non récupérés…  en France on génère annuellement plus de 500kg de déchets par an par habitant et plus de la moitié n’est pas récupéré, quand au Québec se sont près de 350 kg de déchets résidentiels qui sont non récupérés sur les quelques 750 générés.

Alors avant d’acheter et donc éventuellement de jeter, il nous faut sérieusement considérer chaque option. Dans le cas où l’acquisition est incontournable, pensons en premier à acheter de seconde main, donnant une deuxième vie au produit. Et si cela n’est pas ou ne vous est pas possible alors développons des réflexes d’acheter « local », « équitable » ou « organique » de sorte à minimiser l’empreinte environnementale et à assurer un revenu juste pour les personnes et leurs familles qui ont cultivé ou confectionné ce produit.

Tout cela s’inscrit dans ce que l’on appelle l’Économie Circulaire…

Une des composantes de l’économie circulaire est l’économie de partage. Un des premiers modèles du genre connu à travers le monde est Airbnb pour la location temporaire de logement. Aujourd’hui, il est possible de louer toute sorte de biens pour la durée et le niveau d’utilisation souhaité, laissant de côté la notion de propriété individuelle.

Dans cet esprit, après l’apparition des vélos en libre en service on a vu naître celle de l’autopartage, comme on le voit à Montréal avec Communauto et Car2Go…. Après toutes ces années à regarder ce concept de loin, je me suis enfin jeté à l’eau pour devenir membre. Pourquoi tout ce temps, les raisons sont multiples, parfois valables…un travail nécessitant des déplacements quotidiens en dehors de la ville…et parfois moins valables…des véhicules qui ne me séduisaient pas. Quoiqu’il en soit le saut est fait, et tel choix permet de réduire l’achat et donc la production de nouveaux véhicules et de ne pas laisser un véhicule dans un stationnement à longueur de journée, comme c’est le cas pour bon nombre de citadins. Il est même possible aujourd’hui à un propriétaire d’autos de mettre sa propre voiture en location temporaire via des applications type Turo. Cela dépanne un voisin, et génère des revenus au proprio.

Cet article ne sera certainement pas le dernier de mon cru sur le sujet, je ne manquerai pas de vous revenir sur d’autres facettes de l’économie circulaire qui repense le modèle traditionnel, dit linéaire basé sur l’extraction, la production, la distribution, la consommation et l’élimination, pour offrir une approche plus durable et plus soutenable pour notre chère planète.er ici pour modifier.

Frédéric

Ce Blogue est pour moi une vitrine d'idées, de réflexions et de recommandations sur tout sujet touchant de près ou de loin aux notions de durabilité environnementale, de transition écologique et de résilience climatique.

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