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Certains d’entre vous l’aviez compris il y a longtemps, d’autres en ont pris conscience ces dernières années en s’informant sur les enjeux entourant la crise climatique et pour celles et ceux qui douteraient encore, ces quelques lignes tenteront de vous convaincre. Car l’un ne va pas sans l’autre, la survie de l’espèce humaine est intrinsèquement liée à celle de notre environnement, et par environnement, j’entends, les éléments naturels (air, eau, sol) et la biodiversité qui englobe l’ensemble des espèces vivantes (animales, végétales et micro-organismes).

Certes, pour les amateurs de science-fiction, la vie humaine pourrait être préservée, réfugiée sous un dôme en mode autosuffisance, laissant à l’extérieur de ce microcosme un milieu aride, sans vie de quelque nature qu’elle soit. Mais est-ce vraiment ce à quoi nous rêvons ? Et combien auront survécu les multiples cataclysmes qui auront sévi aux quatre coins de notre chère planète d’ici là ?

Soyons honnêtes avec nous-mêmes…tout le monde aspire à respirer un air pur, à avoir accès à une eau potable, et préfère avoir une forêt en arrière de sa maison à une décharge ou une usine. Mais tout cela vient de plus en plus à un coût fort élevé voir inaccessible pour la grande majorité. C’est devenu un luxe de vivre loin de la pollution, de manger des fruits et légumes libres de résidus chimiques, ou encore d’observer la nature à l’état sauvage.

L’équilibre nécessaire pour vivre bien et en harmonie avec notre environnement a été bouleversé par des choix matérialistes et égoïstes qu’une partie de la population mondiale a faits au détriment de nombreux autres peuples et même de leurs propres concitoyens. Une phrase extraite d’un livre blanc tout juste publié en Nouvelle-Zélande (Investing in Degrowth) fait état du bilan décevant et injuste de ces derniers siècles marqués par le colonialisme, le capitalisme, le machinisme, le spécisme et le patriarcat: « Les pays riches utilisent beaucoup plus que leur juste part des ressources mondiales pour réaliser des gains sociaux marginaux, tandis que les pays pauvres vivent dans les limites de la planète, mais ne parviennent pas à atteindre les principaux indicateurs de bien-être tels que l'espérance de vie et l'accès à l'énergie ».

En effet, si bien des progrès ont été réalisés en matière de justice sociale et environnementale, nous sommes encore très loin de la parfaite équation, et il ne faut pas chercher loin pour observer des reculs significatifs. Un développement plus inclusif priorisant les avancées sociales et la préservation des milieux naturels et de la biodiversité s’avère indispensable. Le bien-être de l’un ne va pas sans celui de l’autre. Ceci dit, la nature pourrait très bien se porter sans la présence du plus grand destructeur, l’humain.

Le manifeste pour un monde en meilleure santé de l’OMS lancé en 2020, comporte comme première recommandation de Protéger et préserver la source de la santé humaine : la nature. Mon article précédent « santé environnementale et santé humaine vont de pair » abonde dans ce sens.

Ce juste équilibre ou les besoins des populations sont satisfaits et les limites planétaires respectées est fort bien illustré par le modèle du beigne (doughnut) de Kate Raworth, de l’université d’Oxford, qui fut révélé et expliqué dans une publication d’Oxfam en 2012. Ce modèle prend en compte un plafond environnemental composé de 9 limites de la planète (Pollution de l’air, changements climatiques, pertes de biodiversité, etc.) et un plancher social composé de 12 besoins de base dont personne ne devrait manquer (alimentation, santé, éducation, eau potable, logement, accès à un travail digne, égalité des genres, etc.) Celui-ci illustre un espace sûr et juste dans lequel l'humanité peut s'épanouir de sorte à repenser l’économie, pour parvenir à répondre aux besoins humains de base et la préservation de l’environnement.

Dans cette même veine, le secteur humanitaire et de développement international, initialement porté sur les causes sociales, révise ses façons d’opérer afin de poursuivre l’aide aux populations vulnérables tout en assurant une durabilité de l’amélioration de leurs conditions et milieux de vie. Intervenant en première ligne, les acteurs de l’humanitaire ont pu constater que la perte de biodiversité, la destruction des milieux naturels et l’intensification des crises climatiques ne font qu’exacerber des conditions déjà fortes difficiles.

Si des projets de développement visant à soutenir des communautés à mieux s’adapter à des climats hostiles ou imprévisibles existent depuis longtemps, ce n’est réellement que depuis une dizaine d’années que la nécessité de préserver l’environnement pour des milieux de vie sains et sécuritaires a vu le jour au travers d’initiatives diverses. Et c’est seulement récemment que les ONG locales et internationales prennent des mesures pour minimiser l’empreinte environnementale de leurs actions et conçoivent des projets qui comportent des indicateurs liés aux impacts environnementaux, cherchant à minimiser les effets négatifs et maximiser les retombées positives.

Le secteur humanitaire commence ainsi tout juste à mesurer sa propre empreinte environnementale et à prendre des mesures pour la réduire voire l’éliminer tant que possible, et sinon compenser. En 2021, une Charte sur le climat et l’environnement pour les organisations humanitaires a été lancée et au moment d’écrire ces lignes, 200 ONG de tous horizons l’avaient déjà signé s’engageant à mesurer et réduire l’empreinte environnementale des programmes et de leurs actions, mais aussi à prendre en compte le leadership des communautés et les savoirs locaux. Ce dernier point est tout aussi important sachant que bien des peuples savaient et pour quelques-uns encore aujourd’hui savent vivre en harmonie avec la nature et préserver le bien être des deux.

Restons lucides et éveillés, si aujourd’hui on en parle autant et que les actions se multiplient ici et là pour préserver la nature et la biodiversité ce n’est généralement pas tant par souci de préserver le juste équilibre que d’assurer que le bien-être de l’espèce humaine ne soit pas compromis par la disparition de nos sources d’alimentations, par le coût grandissant d’accès à certaines ressources naturelles, ou encore par les chaleurs accablantes et inondations. Ce comportement reste propre à notre époque appelée anthropocène. Il ne faut cependant pas décourager toute initiative bénéfique tant sur les plans sociaux qu’environnementaux, mais juste s’assurer que les choix ne soient pas faits au détriment des autres et que l’approche soit la plus inclusive possible, tant pour les peuples que pour la nature que pour la biodiversité, et cela, dans un esprit de réelle durabilité.

Qu’il soit au niveau du secteur humanitaire, des gouvernements, des organisations ou de l’individu, l’avenir nous dira si cette prise de conscience ou plutôt cet éveil s’est produit juste à temps…

Vous trouverez quelques liens pour creuser plus sur le sujet, sur ma page « liens utiles »

Frédéric

Ce Blogue est pour moi une vitrine d'idées, de réflexions et de recommandations sur tout sujet touchant de près ou de loin aux notions de durabilité environnementale, de transition écologique et de résilience climatique.

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