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Je ne fais pas tant allusion à la valeur marchande des produits qu’à l’impact de nos choix. Car ce n’est pas parce que c’est BIO qu’il n’y a pas d’impact sur l’environnement, les conditions sociales des travailleurs et notre propre santé.
Alors que je m’apprêtais à rédiger un article faisant l’éloge du BIO, voilà que plusieurs conversations, lectures et documentaires visionnés au cours de l’été ont quelque peu modifié la tournure des propos que je souhaitais partager avec vous.
Non, il n’est pas question que j’arrête de consommer du Bio, au contraire, je reste fort convaincu qu’il faut encourager la filière, mais par contre certains choix méritent reconsidération. A l’origine je voulais défendre le Bio sous toutes ses coutures, prenant conscience que biens des personnes n’en connaissent pas les avantages se butant au prix généralement plus élevé ou remettant en question l’éthique des producteurs ou le sérieux des agences de certification.
Il faut reconnaitre qu’il devient de plus en plus difficile de nos jours de faire la part du vrai. Les diplômes ne nous garantissent pas la vérité et notre bon jugement peut être trompé. Le marketing a raffiné son arme favorite, la publicité, pour continuer à manipuler les esprits comme elle le fait si bien depuis plus de 50 ans, nous entrainant dans la spirale de la surconsommation, de la création de besoins non désirés et du gaspillage. Aujourd’hui les méthodes deviennent de plus en plus subtiles, comme des propagandes maquillées sous forme de films ou reportages ou encore les `fake news` relayées par nos propres plateformes de réseaux sociaux.
Dans tel contexte, la question du manger sain et plus particulièrement du manger BIO, peut se révéler plus complexe qu’elle ne semble alors que le consommateur tente d’agir de manière éclairée. Les gens deviennent dubitatifs voir sceptiques remettant en question une démarche qui certes comporte des déviations mais qui dans son ensemble s’avère préférable pour notre santé, pour l’environnement et pour le bien être des communautés.
Regardons en premier lieu l’élément de la chimie dans l’agriculture conventionnelle. J’en profiterai pour souligner que si on produit aujourd’hui des aliments génétiquement modifiés (OGM) ce n’est pas juste pour que l’espèce résiste mieux aux insectes mais aussi pour qu’elle résiste aux herbicides chimiques. Le problème est que cette chimie termine son parcours dans le sol, dans les cours d’eau, chez les animaux et les humains, avec des conséquences souvent désastreuses pour tous. L’humain dans ce scénario, n’est pas juste le consommateur final mais aussi les agriculteurs qui y sont exposés, entrainant des paysans et communautés entières victimes de maladies graves, faute de protections adaptées de leur peau, de l’air qu’ils respirent et de l’eau qu’ils boivent.
A la question, pouvons nous réellement nourrir la planète avec du Bio, il va sans dire que pour les fruits et légumes, nous voyons déjà de grandes exploitations, sous serre principalement, offrant des rendements aussi élevés ou comparables que celles conventionnelles. On voit aussi grandir d'autres formes d’agriculture dites urbaines faisant appel a l’hydroponie, la bioponie, l’aquaponie et avec des concepts plus récents que sont les fermes verticales utilisant conteneurs, entrepôts ou souterrains opérant sous lumières et ventilations contrôlées, offrant plusieurs récoltes dans une même année. Certes, le goût d’un aliment qui croit au soleil dans une terre saine, aura, encore aujourd’hui, bien meilleur goût. Pour ce qui est du bétail, le défi est plus grand, car les pratiques bio requièrent plus d’espaces, des pâturages et des aliments qui sont aussi bios. Dans ce cas, la réduction de la consommation et pour certains le végétalisme, restent les solutions les plus viables.
Et qu’en est-il du prix? Avec l’arrivée des productions biologiques à l’échelle industrielle, nous voyons arriver des produits dont le prix ne diffère que peu du prix du fruit ou légume non bio. Et si différence il y a, c’est souvent les intermédiaires grossistes et surtout détaillants qui s’en mettent plein les poches. Car le Bio est en demande et les gens le réclament, à juste titre, prêts à payer plus, pour les plus nantis. Une étude récente en France de l’UFC_Que Choisir démontrait que la grande distribution prend des marges 75% plus élevées sur le bio que sur le conventionnel ! La machine marketing fonctionne et pour y échapper il nous faut encourager les circuits courts (producteurs-consommateurs) le plus possible et acheter en vrac. Je précise en vrac, car autre observation hexagonale, les produits bios sont souvent plus emballés dans du plastique et/ou carton, et même individuellement. Ceci s’expliquerait en partie par la question de conservation mais aussi pour que le consommateur utilise le bon code pour le prix du produit...
Quant à la viande, les pratiques pour avoir une viande bio, requièrent généralement des intrants (fourrages et autres aliments) plus coûteux et d’offrir aux animaux plus d’espaces de vie, sans parler de la question des antibiotiques et hormones de croissance qui sont interdits. Autant dire, qu’il vaut mieux soit s’abstenir soit privilégier la qualité à la quantité, il y aura moins d’impacts environnementaux et moins de souffrance animale.
Quand une personne dit que le bio n’est pas vraiment bio, elle pourrait ne pas avoir complètement tort et ce n’est pas tant que quelques producteurs trichent volontairement ou involontairement ou que des organismes de certification (dans certains pays) sont moins regardant que d’autres, c’est plutôt qu’il arrive que certains produits soient contaminés par des intrants chimiques (le champs du voisin, les granules pour animaux, les appareils de manipulations ou transformations…) ou que les pesticides bios, donc naturels, aient aussi un impact sur l’environnement ou la santé lorsque utilisés en grande quantité. Il convient donc de toujours laver les fruits et légumes, biologiques ou pas, afin d’éliminer tant que possible les éventuels résidus de pesticides, et ce n’est pas parce que c’est naturel qu’il n’y a pas d’écotoxicité, le cuivre utilisé pour lutter contre le mildiou en est un bon exemple.
Les pratiques en lien avec l’agriculture biologique peuvent aussi être néfastes pour l’environnement et les communautés. Certes si la culture ou l’élevage bio prennent en compte des normes environnementales strictes, l’aliment Bio qui a parcouru 10000 km a un impact environnemental conséquent (transport et emballage, entreposage). Au-delà de la facture environnementale, on observe des pratiques dommageables et néfastes dans des pays où les normes environnementales et sociales font absences ou sont ignorées. L’appât du gain pour quelques uns engendre des comportements au détriment du bien commun et des individus. Prenons par exemples le cas des avocats du Mexique (déforestation et criminalité), ou au Chili (épuisement des cours d’eau), ou des fraises et tomates d’Almeria en Espagne (El Mar de Plastico) où les migrants sont victimes de piètres conditions de travail et logés dans des bidonvilles.
Aller au-delà du Bio…c’est aussi penser à la régénération de la terre, car toute culture intensive, biologique ou pas, même avec rotation des cultures, épuise le sol qui perd de sa richesse, son humus. Un chercheur universitaire me contait cet été que les pratiques ancestrales indigènes seraient de bons exemples pour garder nos terres agricoles saines. Autre sujet à approfondir.
Je terminerai avec quelques recommandations, mais après avoir cité Thierry Marx, chef doublement étoilé qui aime à dire qu’il souhaite servir à ses clients non pas simplement du Bio mais du 200% Bio…faisant référence à l’impact social et environnemental de la filière Bio. Dans cet esprit, il circonscrit ses achats à un rayon de 250km autour du restaurant et sélectionne minutieusement ses fournisseurs qui non seulement cultivent bio soucieux de la santé humaine et environnementale mais aussi en engendrant des retombées positives dans leurs communautés.
Voici donc la petite liste à garder en tête lorsque vous faites l’épicerie :
Manger local – Réduire sa consommation de viandes - Éliminer le gaspillage - Préférer la qualité à la quantité - Éviter les emballages - Favoriser les aliments de saisons – Laver ses fruits et légumes - Acheter Bio et Équitable
Pour conclure, j’ajouterai de ne pas oublier que la production biologique ne touche pas que les aliments mais aussi les grandes cultures de coton et autres plantes cultivées par l’homme à des fins industrielles et commerciales. Il en revient à nous de faire les meilleurs choix en se rappelant que nous ne sommes pas seuls sur cette belle planète à préserver et que bien des générations nous suivront.
Alors que je m’apprêtais à rédiger un article faisant l’éloge du BIO, voilà que plusieurs conversations, lectures et documentaires visionnés au cours de l’été ont quelque peu modifié la tournure des propos que je souhaitais partager avec vous.
Non, il n’est pas question que j’arrête de consommer du Bio, au contraire, je reste fort convaincu qu’il faut encourager la filière, mais par contre certains choix méritent reconsidération. A l’origine je voulais défendre le Bio sous toutes ses coutures, prenant conscience que biens des personnes n’en connaissent pas les avantages se butant au prix généralement plus élevé ou remettant en question l’éthique des producteurs ou le sérieux des agences de certification.
Il faut reconnaitre qu’il devient de plus en plus difficile de nos jours de faire la part du vrai. Les diplômes ne nous garantissent pas la vérité et notre bon jugement peut être trompé. Le marketing a raffiné son arme favorite, la publicité, pour continuer à manipuler les esprits comme elle le fait si bien depuis plus de 50 ans, nous entrainant dans la spirale de la surconsommation, de la création de besoins non désirés et du gaspillage. Aujourd’hui les méthodes deviennent de plus en plus subtiles, comme des propagandes maquillées sous forme de films ou reportages ou encore les `fake news` relayées par nos propres plateformes de réseaux sociaux.
Dans tel contexte, la question du manger sain et plus particulièrement du manger BIO, peut se révéler plus complexe qu’elle ne semble alors que le consommateur tente d’agir de manière éclairée. Les gens deviennent dubitatifs voir sceptiques remettant en question une démarche qui certes comporte des déviations mais qui dans son ensemble s’avère préférable pour notre santé, pour l’environnement et pour le bien être des communautés.
Regardons en premier lieu l’élément de la chimie dans l’agriculture conventionnelle. J’en profiterai pour souligner que si on produit aujourd’hui des aliments génétiquement modifiés (OGM) ce n’est pas juste pour que l’espèce résiste mieux aux insectes mais aussi pour qu’elle résiste aux herbicides chimiques. Le problème est que cette chimie termine son parcours dans le sol, dans les cours d’eau, chez les animaux et les humains, avec des conséquences souvent désastreuses pour tous. L’humain dans ce scénario, n’est pas juste le consommateur final mais aussi les agriculteurs qui y sont exposés, entrainant des paysans et communautés entières victimes de maladies graves, faute de protections adaptées de leur peau, de l’air qu’ils respirent et de l’eau qu’ils boivent.
A la question, pouvons nous réellement nourrir la planète avec du Bio, il va sans dire que pour les fruits et légumes, nous voyons déjà de grandes exploitations, sous serre principalement, offrant des rendements aussi élevés ou comparables que celles conventionnelles. On voit aussi grandir d'autres formes d’agriculture dites urbaines faisant appel a l’hydroponie, la bioponie, l’aquaponie et avec des concepts plus récents que sont les fermes verticales utilisant conteneurs, entrepôts ou souterrains opérant sous lumières et ventilations contrôlées, offrant plusieurs récoltes dans une même année. Certes, le goût d’un aliment qui croit au soleil dans une terre saine, aura, encore aujourd’hui, bien meilleur goût. Pour ce qui est du bétail, le défi est plus grand, car les pratiques bio requièrent plus d’espaces, des pâturages et des aliments qui sont aussi bios. Dans ce cas, la réduction de la consommation et pour certains le végétalisme, restent les solutions les plus viables.
Et qu’en est-il du prix? Avec l’arrivée des productions biologiques à l’échelle industrielle, nous voyons arriver des produits dont le prix ne diffère que peu du prix du fruit ou légume non bio. Et si différence il y a, c’est souvent les intermédiaires grossistes et surtout détaillants qui s’en mettent plein les poches. Car le Bio est en demande et les gens le réclament, à juste titre, prêts à payer plus, pour les plus nantis. Une étude récente en France de l’UFC_Que Choisir démontrait que la grande distribution prend des marges 75% plus élevées sur le bio que sur le conventionnel ! La machine marketing fonctionne et pour y échapper il nous faut encourager les circuits courts (producteurs-consommateurs) le plus possible et acheter en vrac. Je précise en vrac, car autre observation hexagonale, les produits bios sont souvent plus emballés dans du plastique et/ou carton, et même individuellement. Ceci s’expliquerait en partie par la question de conservation mais aussi pour que le consommateur utilise le bon code pour le prix du produit...
Quant à la viande, les pratiques pour avoir une viande bio, requièrent généralement des intrants (fourrages et autres aliments) plus coûteux et d’offrir aux animaux plus d’espaces de vie, sans parler de la question des antibiotiques et hormones de croissance qui sont interdits. Autant dire, qu’il vaut mieux soit s’abstenir soit privilégier la qualité à la quantité, il y aura moins d’impacts environnementaux et moins de souffrance animale.
Quand une personne dit que le bio n’est pas vraiment bio, elle pourrait ne pas avoir complètement tort et ce n’est pas tant que quelques producteurs trichent volontairement ou involontairement ou que des organismes de certification (dans certains pays) sont moins regardant que d’autres, c’est plutôt qu’il arrive que certains produits soient contaminés par des intrants chimiques (le champs du voisin, les granules pour animaux, les appareils de manipulations ou transformations…) ou que les pesticides bios, donc naturels, aient aussi un impact sur l’environnement ou la santé lorsque utilisés en grande quantité. Il convient donc de toujours laver les fruits et légumes, biologiques ou pas, afin d’éliminer tant que possible les éventuels résidus de pesticides, et ce n’est pas parce que c’est naturel qu’il n’y a pas d’écotoxicité, le cuivre utilisé pour lutter contre le mildiou en est un bon exemple.
Les pratiques en lien avec l’agriculture biologique peuvent aussi être néfastes pour l’environnement et les communautés. Certes si la culture ou l’élevage bio prennent en compte des normes environnementales strictes, l’aliment Bio qui a parcouru 10000 km a un impact environnemental conséquent (transport et emballage, entreposage). Au-delà de la facture environnementale, on observe des pratiques dommageables et néfastes dans des pays où les normes environnementales et sociales font absences ou sont ignorées. L’appât du gain pour quelques uns engendre des comportements au détriment du bien commun et des individus. Prenons par exemples le cas des avocats du Mexique (déforestation et criminalité), ou au Chili (épuisement des cours d’eau), ou des fraises et tomates d’Almeria en Espagne (El Mar de Plastico) où les migrants sont victimes de piètres conditions de travail et logés dans des bidonvilles.
Aller au-delà du Bio…c’est aussi penser à la régénération de la terre, car toute culture intensive, biologique ou pas, même avec rotation des cultures, épuise le sol qui perd de sa richesse, son humus. Un chercheur universitaire me contait cet été que les pratiques ancestrales indigènes seraient de bons exemples pour garder nos terres agricoles saines. Autre sujet à approfondir.
Je terminerai avec quelques recommandations, mais après avoir cité Thierry Marx, chef doublement étoilé qui aime à dire qu’il souhaite servir à ses clients non pas simplement du Bio mais du 200% Bio…faisant référence à l’impact social et environnemental de la filière Bio. Dans cet esprit, il circonscrit ses achats à un rayon de 250km autour du restaurant et sélectionne minutieusement ses fournisseurs qui non seulement cultivent bio soucieux de la santé humaine et environnementale mais aussi en engendrant des retombées positives dans leurs communautés.
Voici donc la petite liste à garder en tête lorsque vous faites l’épicerie :
Manger local – Réduire sa consommation de viandes - Éliminer le gaspillage - Préférer la qualité à la quantité - Éviter les emballages - Favoriser les aliments de saisons – Laver ses fruits et légumes - Acheter Bio et Équitable
Pour conclure, j’ajouterai de ne pas oublier que la production biologique ne touche pas que les aliments mais aussi les grandes cultures de coton et autres plantes cultivées par l’homme à des fins industrielles et commerciales. Il en revient à nous de faire les meilleurs choix en se rappelant que nous ne sommes pas seuls sur cette belle planète à préserver et que bien des générations nous suivront.