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​Les initiatives se multiplient, les chiffres annoncés sont étourdissants et bien souvent, reconnaissons-le, peu réalistes. Il n’y a qu’à faire l’inventaire historique des promesses étatiques pour l’aide humanitaire internationale ou pour atteindre la réduction des émissions GES, pour constater que les résultats sont rarement ou difficilement à la hauteur des ambitions et déclarations. 

Lors de la dernière campagne électorale canadienne, ont été annoncés des engagements pour la plantation allant de deux milliards d’arbres sur une période de 10 ans à 10 milliards sur 30 ans. D’autres pays aux quatre coins de la planète se sont engagés aussi à planter des millions voir des milliards d'arbres. En parallèle, les Nations Unies ont annoncé une décennie de restauration des écosystèmes avec comme objectif de restaurer 350 millions d'hectares, une superficie plus grande que celle de l'Inde, d'ici 2030.

Reconnaissons que si tout cela se réalise, tant mieux, mais il serait sage d’accompagner ces démarches d’envergure par une multitude de petites initiatives à l’échelle de nos communautés et de l’individu. Dans ce sens, nous observons déjà moult programmes de compensation de nos émissions tels que l’achat de crédits carbone issus de projets d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique, de gestion des matières résiduelles, de reforestation, d'agroforesterie pour ne citer que les plus connus. La plantation d’arbres, ici ou ailleurs dans le monde, est l’approche qui a le plus gagné en popularité.  

Pendant ce temps-là, la déforestation mondiale principalement due à l'agriculture, à l'exploitation minière, au développement des infrastructures et aux incendies qui se sont intensifiés en raison du réchauffement climatique, se poursuit à un rythme effréné. Cette disparition affecte tout particulièrement la forêt tropicale primaire avec des forêts qui, une fois abattues risquent de ne jamais retrouver leur état d'origine. Nous avons tous vu les images de la forêt amazonienne partir en flamme, tout particulièrement au Brésil où la déforestation s’est de nouveau accélérée depuis un an.

Je regardais comme bien d’entre vous ces images cet été, et une question surgit à mon esprit : qu’en est-il des forêts dites protégées dans le cadre des programmes de compensations ? Partent-elles aussi en fumée ?
Au moment d’écrire ces lignes, encore rares sont les programmes de compensation, visant la protection et la plantation, affectés par des pertes majeures ou totales. Bonne nouvelle me dirait vous…oui, mais pour combien de temps? Car les incendies sont pour certains criminels et pour d’autres incontrôlés, voire les deux… De plus, dans le cas de l’Amazonie, les indigènes peuplant ces forêts depuis toujours sont régulièrement menacés ou repoussés par des exploitants peu scrupuleux, bien que leurs terres composées principalement de forêts soient généralement considérées ou classées comme protégées.

Alors que faire ? Certes, encourager les initiatives de nos gouvernements et exiger une reddition de comptes annuelle s’avèrent incontournable. Mais ce serait trop facile de laisser la tâche juste aux autres. Les enjeux sont trop importants et trop urgents, comme le répètent le secrétaire général des Nations Unies et la communauté scientifique et tant d’autres, pour attendre de voir si ces grandes initiatives seront bel et bien implémentées et porteront leurs fruits. Il nous revient à titre d’individu, de consommateur, d’utilisateur, de pourvoyeur… de faire notre part, et d’avoir un impact positif maintenant, pas dans 10, 30 ou 50 ans. 

Car le temps est une dimension critique dans l’équation. Nos émanations à titre individuel s’additionnent à chaque instant. Au Canada, les émissions de GES par habitant sont estimées à 14.9 tCO2eq positionnant le pays au 4e rang, non loin derrière l’Arabie saoudite, l’Australie et les États-Unis (la France serait 15e avec 4.5t). Les principales sources d’émanation étant l’énergie et le transport. Parlant de transport, il est intéressant de rappeler que selon une toute nouvelle étude du UNWTO, le transport relié au tourisme représente plus de 22% des émissions globales du secteur du transport...de quoi faire réfléchir lorsque nous planifions nos vacances annuelles.

La notion du temps est importante, car le CO2 peut rester dans l’atmosphère jusqu’à 100 ans…ce qui veut dire que les compensations forestières ne fonctionnent que si les arbres restent intacts pendant un siècle. J’aime bien cette citation sur le sujet d’Abigail Swann, professeure d’écologie à l’université de Washington. « En ce sens, les compensations sont comme la carte de crédit la plus indulgente au monde : l'acheteur obtient tous les avantages dès le départ, alors qu'il faut un siècle pour que la dette soit entièrement remboursée. »

Autre élément non négligeable qu’il faut bien comprendre, c’est que lorsque les arbres captent le CO2, le gaz ne disparaît pas comme par magie. En effet, les arbres, tout en libérant de l’oxygène (O2), stockent simplement le carbone, l'incorporant dans leurs tissus vivants au fur et à mesure de leur croissance, c’est le processus de la photosynthèse.  Ces « puits de carbone » absorbent ainsi plus de CO2 qu'ils n'en rejettent. Seulement voilà, lorsqu’ils meurent, avec le phénomène de décomposition ou de combustion, le carbone accumulé retourne dans l'atmosphère sous la forme de CO2.

Aussi ce sont des arbres matures qui sont généralement coupés pendant que ceux plantés ne font que quelques centimètres de diamètre… Même si la croissance de l’arbre est un facteur important dans l’absorption du CO2, il est démontré qu’un arbre mature capte beaucoup plus de CO2 qu’un jeune, et certaines espèces plus que d’autres.  Vous comprendrez ainsi que cela peut prendre des années pour compenser un voyage en avion.  Et ceci, si les arbres survivent, car tout programme de compensation devrait non seulement prendre en compte le remplacement des arbres qui ne survivent pas, mais s’assurer aussi que le lieu de plantation est protégé pour au moins les 50 prochaines années si ce n’est pas ad vitam æternam. 

Autant dire que si nous sommes réellement consciencieux de l’avenir de notre belle planète, il faut penser en premier lieu à réduire notre consommation pour minimiser notre empreinte carbone et adopter des pratiques avec faible empreinte. Lorsqu’un achat ou un voyage s’avère indispensable, il nous revient de toujours penser à la solution la plus écologique, et prendre le réflexe de compenser nos émissions de GES que l’on n’arrive pas à éviter. 

Des programmes qui visent la protection de milieux naturels à risque de destruction devraient être notre premier réflexe, avant même de planter. Planter pour restaurer, c’est très bien, mais encore mieux lorsqu’il y a un programme rigoureux de suivi et de protection de ces plantations. Les programmes de crédits carbone certifiés (Gold Std, VCS,…) sont à privilégier bien que comportant des failles pour certains. Planter en milieu urbain est encore plus intéressant qu’en région rurale, car on profite ainsi de plusieurs effets bénéfiques qu'offrent les arbres : Lutte aux ilots de chaleur; connectivité des milieux naturels; biodiversité augmentée; purification de l’air; rétention/captation des eaux de pluie, paysages améliorés, etc.
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La nature nous rend un grand service, à nous d’en prendre soin! 
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Je ne fais pas tant allusion à la valeur marchande des produits qu’à l’impact de nos choix. Car ce n’est pas parce que c’est BIO qu’il n’y a pas d’impact sur l’environnement, les conditions sociales  des travailleurs et notre propre santé.

Alors que je m’apprêtais à rédiger un article faisant l’éloge du BIO, voilà que plusieurs conversations, lectures et documentaires visionnés au cours de l’été ont quelque peu modifié la tournure des propos que je souhaitais partager avec vous.

Non, il n’est pas question que j’arrête de consommer du Bio, au contraire, je reste fort convaincu qu’il faut encourager la filière, mais par contre certains choix méritent reconsidération. A l’origine je voulais défendre le Bio sous toutes ses coutures, prenant conscience que biens des  personnes n’en connaissent pas les avantages se butant au prix généralement plus élevé ou remettant en question l’éthique des producteurs ou le sérieux des agences de certification.

Il faut reconnaitre qu’il devient de plus en plus difficile de nos jours de faire la part du vrai. Les diplômes ne nous garantissent pas la vérité et notre bon jugement peut être trompé. Le marketing a raffiné son arme favorite, la publicité, pour continuer à manipuler les esprits comme elle le fait si bien depuis plus de 50 ans, nous entrainant dans la spirale de la surconsommation, de la création de besoins non désirés et du gaspillage.  Aujourd’hui les méthodes deviennent de plus en plus subtiles, comme des propagandes maquillées sous forme de films ou reportages ou encore les `fake news` relayées par nos propres plateformes de réseaux sociaux.

Dans tel contexte, la question du manger sain et plus particulièrement du manger BIO, peut se révéler plus complexe qu’elle ne semble alors que le consommateur tente d’agir de manière éclairée. Les gens deviennent dubitatifs voir sceptiques remettant en question une démarche qui certes comporte des déviations mais qui dans son ensemble s’avère préférable pour notre santé, pour l’environnement et pour le bien être des communautés.

Regardons en premier lieu l’élément de la chimie dans l’agriculture conventionnelle. J’en profiterai pour souligner que si on produit aujourd’hui des aliments génétiquement modifiés (OGM) ce n’est pas juste pour que l’espèce résiste mieux aux insectes mais aussi pour  qu’elle résiste aux herbicides chimiques.  Le problème est que cette chimie termine son parcours dans le sol, dans les cours d’eau, chez les animaux et les humains, avec des conséquences souvent désastreuses pour tous. L’humain dans ce scénario, n’est pas juste le consommateur final mais aussi les agriculteurs qui y sont exposés, entrainant  des paysans et communautés entières victimes de maladies graves, faute de protections adaptées de leur peau, de l’air qu’ils respirent et de l’eau qu’ils boivent.

A la question, pouvons nous réellement nourrir la planète avec du Bio, il va sans dire que pour les fruits et légumes, nous voyons déjà de grandes exploitations, sous serre principalement, offrant des rendements aussi élevés ou comparables que celles conventionnelles.  On voit aussi grandir d'autres formes d’agriculture dites urbaines faisant appel a l’hydroponie, la bioponie, l’aquaponie et avec des concepts plus récents que sont les fermes verticales utilisant conteneurs, entrepôts ou souterrains opérant sous lumières et ventilations contrôlées, offrant plusieurs récoltes dans une même année.  Certes, le goût d’un aliment qui croit au soleil dans une terre saine, aura, encore aujourd’hui, bien meilleur goût.  Pour ce qui est du bétail, le défi est plus grand, car les pratiques bio requièrent  plus d’espaces, des pâturages et des aliments qui sont aussi bios.  Dans ce cas, la réduction de la consommation et pour certains le végétalisme, restent les  solutions les plus viables.

Et qu’en est-il du prix?  Avec l’arrivée des productions biologiques à l’échelle industrielle, nous voyons arriver des produits dont le prix ne diffère que peu du prix du fruit ou légume non bio. Et si différence il y a, c’est souvent les intermédiaires grossistes et surtout détaillants qui s’en mettent plein les poches. Car le Bio est en demande et les gens le réclament, à juste titre, prêts à payer plus, pour les plus nantis. Une étude récente en France de l’UFC_Que Choisir démontrait que la grande distribution prend des marges 75% plus élevées sur le bio que sur le conventionnel !  La machine marketing fonctionne et pour y échapper il nous faut encourager les circuits courts (producteurs-consommateurs) le plus possible et acheter en vrac.  Je précise en vrac, car autre observation hexagonale, les produits bios sont souvent plus emballés dans du plastique et/ou carton, et même individuellement. Ceci s’expliquerait en partie par la question de conservation mais aussi pour que le consommateur utilise le bon code pour le prix du produit...

Quant à la viande, les pratiques pour avoir une viande bio, requièrent généralement des intrants (fourrages et autres aliments) plus coûteux et d’offrir aux animaux plus d’espaces de vie, sans parler de la question des antibiotiques et hormones de croissance qui sont interdits.  Autant dire, qu’il vaut mieux soit s’abstenir soit privilégier la qualité à la quantité, il y aura moins d’impacts environnementaux et moins de souffrance animale.

Quand une personne dit que le bio n’est pas vraiment bio, elle pourrait ne pas avoir complètement tort et ce n’est pas tant que quelques producteurs trichent volontairement ou involontairement ou que des organismes de certification (dans certains pays) sont moins regardant que d’autres, c’est plutôt qu’il arrive que certains produits soient contaminés par des intrants chimiques (le champs du voisin, les granules pour animaux, les appareils de manipulations ou transformations…) ou que les pesticides bios, donc naturels, aient aussi un impact sur l’environnement ou la santé lorsque utilisés en grande quantité. Il convient donc de toujours laver les fruits et légumes, biologiques ou pas, afin d’éliminer tant que possible les éventuels résidus de pesticides, et ce n’est pas parce que c’est naturel qu’il n’y a pas d’écotoxicité, le cuivre utilisé  pour lutter contre le mildiou en est un bon exemple.

Les pratiques en lien avec l’agriculture biologique peuvent aussi être néfastes pour l’environnement et les communautés. Certes si la culture ou l’élevage bio prennent en compte des normes environnementales strictes, l’aliment Bio qui a parcouru 10000 km a un impact environnemental conséquent (transport et emballage, entreposage). Au-delà de la facture environnementale, on observe des pratiques dommageables et néfastes dans des pays où les normes environnementales et sociales font absences ou sont ignorées.  L’appât du gain pour quelques uns engendre des comportements au détriment du bien commun et des individus.  Prenons par exemples le cas des avocats du Mexique (déforestation et criminalité), ou au Chili (épuisement des cours d’eau), ou des fraises et tomates d’Almeria en Espagne (El Mar de Plastico) où les migrants sont victimes de piètres conditions de travail et logés dans des bidonvilles. 

Aller au-delà du Bio…c’est aussi penser à la régénération de la terre, car toute culture intensive, biologique ou pas, même avec rotation des cultures, épuise le sol qui perd de sa richesse, son humus. Un chercheur universitaire me contait cet été que les pratiques ancestrales indigènes seraient de bons exemples pour garder nos terres agricoles saines. Autre sujet à approfondir.

Je terminerai avec quelques recommandations, mais après avoir cité Thierry Marx, chef doublement étoilé qui aime à dire qu’il souhaite servir à ses clients non pas simplement du Bio mais du 200% Bio…faisant référence  à l’impact social et environnemental de la filière Bio. Dans cet esprit, il circonscrit ses achats à un rayon de 250km autour du restaurant et sélectionne minutieusement ses fournisseurs qui non seulement cultivent bio soucieux de la santé humaine et environnementale mais aussi en engendrant des retombées positives dans leurs communautés.

Voici donc la petite liste à garder en tête lorsque vous faites l’épicerie :
Manger local – Réduire sa consommation de viandes  - Éliminer le gaspillage -  Préférer la qualité à la quantité -  Éviter les emballages  - Favoriser les aliments de saisons – Laver ses fruits et légumes - Acheter Bio et Équitable

Pour conclure, j’ajouterai de ne pas oublier que la production biologique ne touche pas que les aliments mais aussi les grandes cultures de coton et autres plantes cultivées par l’homme à des fins industrielles et commerciales.  Il en revient à nous de faire les meilleurs choix en se rappelant que nous ne sommes pas seuls sur cette belle planète à préserver et que bien des générations nous suivront.
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Je ne cherche pas à confronter les deux concepts, car après tout, pourquoi chaque individu de cette planète n’aurait pas droit aussi à visiter la Rambla de Barcelone, arpenter les îles mythiques de Grèce ou encore faire le tour des Galápagos.
 
Force est de constater cependant que plusieurs destinations touristiques souffrent sérieusement de leur popularité, créant des dommages parfois irréversibles, suscitant la grogne des locaux ou encore rendant l’expérience guère appréciable au visiteur pris dans la congestion humaine.
 
Il résonne encore en moi, des propos prononcés cet été par le maire de la station balnéaire en France à laquelle je me rends depuis ma tendre enfance et qui venaient en réponse à des commentaires critiques de vacanciers saisonniers s’exprimant sur un achalandage de plus en plus élevé sur les plages ainsi que sur le bruit et les difficultés de déplacement générés par tout cette cohue estivale. Celui-ci fit comprendre à ces personnes et aux autres abondants dans le même sens, que s’ils étaient indisposés ils n’avaient qu’à venir en dehors des mois de juillet et août… Le maire passait ainsi le message à l’auditoire que la municipalité avait choisi la voie du développement touristique, première source de revenus, et donc il fallait accepter les inconvénients venant avec cela.  Cela nous ramène dans le fameux faux débat du développement économique versus environnement et bien être social. Certes le bien-être nécessite d’être évalué selon différent points de vue et certainement celui du citoyen qui a son commerce et celui du vacancier saisonnier peuvent aisément différer, mais les concepts de développement durable visent justement à unifier les sphères économiques, sociales et environnementales, et cela avec succès comme on peut aujourd’hui l’observer dans bien des secteurs d’activités.
 
L’idée ici est de voir comment marier les notions de retombées économiques reliées au tourisme sans pour autant perdre de l’authenticité et du sentiment de bien-être et tout en minimisant voir compensant les impacts environnementaux inévitables.
 
Dressons avant tout un portrait plus macro de la situation…Nous sommes en effet, passé de 25 millions de touristes internationaux en 1950, à plus de 500 millions en 1995, et en 2017, ils étaient, ou devrais-je dire, nous étions 1,3 milliard…et ce chiffre ne cesse de croître. A cela s’ajoutent les innombrables touristes nationaux qui pour certaines destinations surpassent les touristes étrangers.
 
Une population mondiale qui croit à une vitesse fulgurante, le pouvoir d’achat des classes moyennes grandissant, et d’autres phénomènes tels que les médias sociaux et le Home Sharing type AirBnB sont parmi les premiers facteurs qui accentuent ce flux touristique.
 
Pour pallier ce problème, comme dans tous les autres secteurs économiques, l’approche doit  être axée sur un développement dit durable.  Mais comment cela se transpose dans le domaine du tourisme? Commençons par une définition, soit celle du UNWTO (Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies) : un tourisme durable est "un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. "
 
Mais voilà, on ne semble pas avoir vu le phénomène venir et de plus en plus d’articles dans les médias abordent le sujet des irritations créées par un flot grandissant de touristes à l’échelle de la planète, sans parler d’amis et autres connaissances qui se plaignent, à titre de vacanciers ou de résidents, du trop plein de touristes. Barcelone est une des premières villes faisant couler de l’encre sur une telle situation devenue insoutenable pour beaucoup. Et la liste est longue, on peut penser entre autres à Venise ou Dubrovnik.  
Certaines destinations urbaines, deviennent des sortes de parc à thème…ou bientôt, les quartiers seront délaissés par les habitants d’origines, n’ayant plus les moyens ou l’envie de rester, laissant place à des figurants rémunérés pour jouer aux locaux, adoptant les tenues vestimentaires, les expressions, les us et les coutumes ancestrales. Et ce ne sont pas que les milieux urbains qui soufrent de cet achalandage grandissant, prenons le Mont Blanc et les innombrables déchets laissés par les alpinistes, qui semblent se soucier peu de la devise « Leave No Trace ».
 
Alors que faire ? Comme élément de réponse je propose de s’attarder sur le rapport produit  conjointement par la firme McKinsey et le WTTC (World Tourism Travel Council).
 
On peut y lire que  cinq problèmes majeurs liés à la surpopulation touristique identifiés par l’étude sont : les résidents locaux aliénés;  des expériences touristiques dégradées; des infrastructures surchargées; des dommages à la nature et des menaces pour la culture et patrimoine. Pour remédier à et prévenir de telles situations, le rapport recommande quatre pratiques exemplaires à la base d’une saine gestion et d’une croissance réussie des destinations touristiques : Construire une base factuelle complète et la mettre à jour régulièrement; établir une stratégie de croissance durable à travers une planification rigoureuse à long terme ; impliquer l’ensemble des acteurs de la société - commerciale, publique, et sociale ; trouver de nouvelles sources de financement.
 
Finalement retenons 5 pratiques identifiées par l’étude : Lisser le flux des visiteurs dans le temps ; Répartir les visiteurs sur les sites ; Ajuster les prix pour équilibrer l'offre et la demande ; Réglementer l'offre d'hébergement ; Limiter l'accès et les activités.
 
On peut déjà voir plusieurs sites importants qui ont mis en œuvre certaines de ces pratiques. En terme de limiter l’accès, pensons entre autre au Machu Picchu, aux iles Galápagos, ou plus près de chez nous la visite des lanternes au jardin botanique de Montréal qui requiert une inscription au préalable pour un nombre de visiteur maximal par créneau horaire. Il en ressort une expérience plus agréable et des photos ou les touristes n’obstruent pas la vue en plus d’une pérennité accrue du site lui-même. Certains sont allés plus loin en interdisant carrément l’accès comme c’est le cas des grottes de Lascaux en France, de certaines iles en Thaïlande ou encore du fameux rocher Uluru en Australie.
 
Souhaitons ne pas devoir en arriver à des solutions radicales, mais parfois nécessaires, comme celle prise pour les grottes de Lascaux, invitant le touriste à une visite virtuelle de sorte à ne plus endommager le site réel. Il revient aux gestionnaires publiques, aux entreprises et à la société civile d’arriver à instaurer des approches durables pour que nous ayons toujours tous le plaisir de jouir des merveilleuses destinations touristiques dont regorge notre planète. Il en revient aussi à nous en tant qu’individu de montrer respect, modération et de diversifier nos destinations, et d’encourager celles qui démontrent un engagement pour un tourisme durable.

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Vous avez déjà entendu parler des 3RV …faisant référence à la réduction, au réemploi, à la récupération et à la valorisation. Toutes ces approches sont des alternatives à l’élimination, qui ne fait que remplir voire déborder les sites d’enfouissement.

Il va sans dire que de toutes ces approches, la réduction est la première à prendre en compte. Ne dit-on pas que « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». Alors posons-nous la question avant d’acheter quelque chose…En ais-je vraiment besoin ? Ou est-ce la publicité ou le marketing qui a créé ce soit disant besoin ? Et si j’en ai absolument besoin, n’y a-t-il pas d’autres alternatives que l’achat ? Je pense à un autre objet déjà en notre possession qui remplirait des fonctions similaires ou aussi l’emprunt à quelqu’un de notre entourage, à qui vous pourriez même l’acheter s’il prenait la poussière et que la fréquence de votre utilisation le justifie.  Dans nos sociétés occidentales l’accumulation semble être toujours le mot d’ordre. Mais reconnaissons le, au bout du compte, quel gaspillage !

Pour vous donner une idée de l’importance  du gaspillage, il suffit de regarder la production mondiale de déchets avec une moyenne de 1,2 kg par personne par jour. Dans grand nombre de pays occidentaux vous pouvez multiplier ce chiffre par deux. Mais le chiffre le plus inquiétant est celui des déchets non récupérés…  en France on génère annuellement plus de 500kg de déchets par an par habitant et plus de la moitié n’est pas récupéré, quand au Québec se sont près de 350 kg de déchets résidentiels qui sont non récupérés sur les quelques 750 générés.

Alors avant d’acheter et donc éventuellement de jeter, il nous faut sérieusement considérer chaque option. Dans le cas où l’acquisition est incontournable, pensons en premier à acheter de seconde main, donnant une deuxième vie au produit. Et si cela n’est pas ou ne vous est pas possible alors développons des réflexes d’acheter « local », « équitable » ou « organique » de sorte à minimiser l’empreinte environnementale et à assurer un revenu juste pour les personnes et leurs familles qui ont cultivé ou confectionné ce produit.

Tout cela s’inscrit dans ce que l’on appelle l’Économie Circulaire…

Une des composantes de l’économie circulaire est l’économie de partage. Un des premiers modèles du genre connu à travers le monde est Airbnb pour la location temporaire de logement. Aujourd’hui, il est possible de louer toute sorte de biens pour la durée et le niveau d’utilisation souhaité, laissant de côté la notion de propriété individuelle.

Dans cet esprit, après l’apparition des vélos en libre en service on a vu naître celle de l’autopartage, comme on le voit à Montréal avec Communauto et Car2Go…. Après toutes ces années à regarder ce concept de loin, je me suis enfin jeté à l’eau pour devenir membre. Pourquoi tout ce temps, les raisons sont multiples, parfois valables…un travail nécessitant des déplacements quotidiens en dehors de la ville…et parfois moins valables…des véhicules qui ne me séduisaient pas. Quoiqu’il en soit le saut est fait, et tel choix permet de réduire l’achat et donc la production de nouveaux véhicules et de ne pas laisser un véhicule dans un stationnement à longueur de journée, comme c’est le cas pour bon nombre de citadins. Il est même possible aujourd’hui à un propriétaire d’autos de mettre sa propre voiture en location temporaire via des applications type Turo. Cela dépanne un voisin, et génère des revenus au proprio.

Cet article ne sera certainement pas le dernier de mon cru sur le sujet, je ne manquerai pas de vous revenir sur d’autres facettes de l’économie circulaire qui repense le modèle traditionnel, dit linéaire basé sur l’extraction, la production, la distribution, la consommation et l’élimination, pour offrir une approche plus durable et plus soutenable pour notre chère planète.er ici pour modifier.

Frédéric

Ce Blogue est pour moi une vitrine d'idées, de réflexions et de recommandations sur tout sujet touchant de près ou de loin aux notions de durabilité environnementale, de transition écologique et de résilience climatique.

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