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Vous entrez dans une forêt, et soudain un sentiment de bien-être vous envahit…que cela provienne de l’air pur, de la beauté du lieu, de l’absence de bruits mécaniques, de la richesse de la biodiversité, de la lumière qui se glisse au travers de la canopée, des odeurs florales ou d’essences d’arbres qui flottent autour de vous, et de tant d’autres stimuli. Ce n’est pas un hasard, des millions de gens de part et d’autre du globe le ressentent, qu’ils y prêtent attention ou pas. Et à celle ou celui, qui en prend pleine conscience, alors l’effet bénéfique est décuplé, nous entrons alors dans le monde de l’écologie profonde.

Mais revenons en premier lieu à l’environnement urbain, car après tout, la grande majorité d’entre nous habite la cité, grande ou petite, et d’ailleurs d’ici 2050 ce sera le cas pour les deux tiers de l’humanité.  Dans ces milieux de vie fort minéralisés, la nature n’a le droit qu’à une place restreinte et est constamment mise à rude épreuve.

Le débat sur les bienfaits des arbres en milieu urbain n’est plus, c’est un fait, que l’on soit docteur, scientifique, ou tout simplement citoyen. La stratification végétale contribue à la réduction des effets des ilots de chaleur avec leur fonction naturelle de climatisation, elle élimine aussi une partie de la pollution atmosphérique, tout en hébergeant ou nourrissant d’autres espèces vivantes, facilitant ainsi une plus grande biodiversité.

Une partie de la mortalité dans les villes s’explique par un niveau de pollution trop élevé ou des chaleurs trop intenses. Des scientifiques et des spécialistes du corps médical se sont associés pour observer ce lien qui aujourd’hui ne fait plus aucun doute. Au Québec le cardiologue et professeur, François Reeves fait partie de ses personnalités qui révèlent au grand jour la corrélation entre pollution et mortalité.  À l’échelle de la planète, on parle de 7 à 9 millions de décès excédentaires ou prématurés liés à la pollution atmosphérique. En France en 2016, ils étaient 48 000. Si un manque de statistiques récentes ne me permet pas de faire l’état de la situation au Canada ou au Québec, je soulignerai tout de même que la facture pour les couts en soin de santé et invalidité, dus à la pollution atmosphérique, était estimée à 39 milliards de dollars au Canada en 2015, et à 145 milliards d’euros en France en 2016. Car tous ne meurent pas, heureusement me direz-vous, mais on observe une augmentation des maladies cardiovasculaires, des AVC, de l’hypertension, des maladies pulmonaires chroniques, et même du diabète et du mauvais cholestérol dans la longue liste des méfaits de la pollution.
Autre constat, provenant d’études récentes, est le facteur risque croissant lorsque l’on vit proche des grands axes routiers. En effet, il appert que vivre à moins de 300 mètres d’un axe routier majeur peut accroitre jusqu’à 25% le risque de mortalité lié à la pollution.

L’objectif de cet article n’est cependant pas de vous inonder de chiffres, ou de vous faire peur, mais plutôt de vous rappeler ou de vous conscientiser des biens faits de la Nature, que ce soit sur notre corps comme sur notre esprit.
Pour contrer ce danger, une des meilleures armes à notre portée, sont les solutions basées sur la nature (Nature-based Solutions).  Le verdissement de nos milieux de vie permet de réduire la pollution, de tempérer l’atmosphère, en plus de limiter les risques d’inondations et autres conséquences d’événements prenant de plus en plus d’ampleur avec l’intensification de changements climatiques.
Seulement cette nature est trop souvent éloignée de nos milieux de vie directs, de sorte que nous ne pouvons bénéficier de ses bienfaits à titre personnel que de manière sporadique.

Alors que les débuts de la thalassothérapie remontent à la fin du XIXe siècle, nous voyons naitre dans nos contrées, ou ailleurs grandir, une autre forme de thérapie, celle de la sylvothérapie. L’étymologie du mot vient tout simplement de « sylva », qui signifie « forêt ». On utilise aussi le terme « bain de forêt », ou encore « Shinrin-Yoku », son nom au Japon, où cette pratique a vu le jour il y a quarante ans.
Le bain de forêt consiste à s'immerger dans l'ambiance de la forêt et à laisser sa beauté envahir tous vos sens, c’est une invitation à ralentir et à sentir et ressentir avec son cœur et ses doigts, son odorat et son ouïe. Les cures de Shinrin-Yoku sont ainsi prescrites depuis longtemps pas des médecins, au Japon, et en Corée on retrouve des « forêts guérisseuses » avec des instructeurs de l'Agence forestière coréenne qui enseignent aux « patients » les bienfaits des arbres et de la marche en forêt.
Les bienfaits pour la santé sont nombreux et en particulier pour les systèmes cardiovasculaire et immunitaire, et pour la stabilisation et l'amélioration de l'humeur et de la cognition. Passer du temps en forêt permet une diminution de la tension, l’anxiété, la dépression, la fatigue, la confusion et procure un effet déstressant significatif, notre niveau d’énergie augmente. Sur ce dernier point, maintes fois ai-je fait le constat, alors que je me rendais en courant au Mont-Royal sentir mon élan reprendre, une fois dans le sous-bois, et ce, malgré la pente ascendante. 
D’un point de vue scientifique, il s’avère que l’inhalation des composés organiques volatils issus des arbres améliore nos paramètres physiologiques. Les substances chimiques naturelles sécrétées, appelées phytoncides, par les arbres à feuilles persistantes, seraient aussi associées à l'amélioration de l'activité de nos défenseurs immunitaires de première ligne. Autant dire, un bien nécessaire pour les adultes, mais ce contact avec la nature s’avère tout aussi essentiel pour les enfants. En effet il est démontré que les capacités cognitives des enfants se développent plus vite quand ils sont exposés à des espaces verts, et leurs résultats scolaires s’améliorent. Les espaces verts fournissent aux enfants des opportunités uniques telles que l'incitation à l'engagement, la prise de risques, la découverte, la créativité, la maîtrise des situations, et le renforcement de l'estime de soi. Il est donc bienveillant de passer le message : Moins de jeux vidéo et plus de jeux en nature !

Ces espaces verts, on peut certes en retrouver dans nos villes; pour cela, il faut préserver nos écosystèmes et combler le déficit nature en réintégrant des éléments de biodiversité dans nos milieux urbains. Une approche pour y parvenir fait appel à l’écologie urbaine, champ de recherche émergent qui, entre écologie et sociologie, propose de nouveaux modèles pour les villes de demain et ainsi façonner leur juste place dans la biosphère. Si aujourd’hui nous tentons de réparer les erreurs du passé, les nouveaux projets de développement urbain se doivent d’offrir plus de liens directs avec la nature et la biodiversité.

Je terminerais cet article par vous encourager à marcher en forêt une activité d’autant plus nécessaire de nos jours, alors que le confinement tente de nous isoler entre 4 murs et de nous sédentariser, et de vous proposer la bonification d’une devise bien connue avec un troisième élément incontournable :
Un esprit sain, dans un corps sain, dans environnement sain.
Vous trouverez quelques liens pour creuser plus sur le sujet sur ma page « liens utiles »

Frédéric

Ce Blogue est pour moi une vitrine d'idées, de réflexions et de recommandations sur tout sujet touchant de près ou de loin aux notions de durabilité environnementale, de transition écologique et de résilience climatique.

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