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Je participais récemment à une session de la Fresque des nouveaux récits. Un bel atelier bien ficelé amenant les participants à comprendre les freins et les motivations des individus pour passer à l’action de la transition écologique.
La fresque des nouveaux récits est une approche calquée sur la Fresque du Climat, dont je parlais dans mon article de mars 2024. J’ai aussi eu l’occasion par le passé de participer à d’autres fresques toutes aussi pertinentes les unes que les autres, telles que la fresque du numérique ou celle de l’économie circulaire.
Un des éléments discutés en groupe avec l’animateur portait sur la « clé » au verrou en lien avec l’éducation et la culture. Il nous faut nous éloigner des « normes socio-écocidaires » basées sur des récits dominants qui véhiculent des normes sociales incompatibles avec les limites planétaires (voyages lointains, achats de biens sans limites, etc.) et les planchers sociaux (exploitation humaine, inégalités engendrées, etc.). L’adoption d’un « nouveau paradigme » est nécessaire, offrant de nouveaux récits diffusant des normes sociales qui soient compatibles avec les limites planétaires et les planchers sociaux. Ces nouveaux récits pourront ainsi accélérer la transition grâce à l’atteinte de points de bascule sociaux.
Cet article s’inspire aussi de ma participation l’automne dernier à un autre atelier fort intéressant, soit celui des Inner Development Goals (IDG). Cette initiative a été cocréé par plus de 1 000 scientifiques, experts et professionnels des ressources humaines et du développement durable, en réponse au constat que les Objectifs de Développement Durable (ODD ou SDG en anglais) des Nations Unies pour 2030 ne progressaient pas ou peu voire même des régressions étaient observées dans certains champs d’action (voir le rapport de mi-parcours publié en 2023). Le constat fait par ces experts fut que ce qui manque largement dans les stratégies actuelles, c'est une vision claire des capacités, qualités ou compétences que nous devons développer chez les individus, les groupes et les organisations qui jouent un rôle crucial dans la réalisation des ODD. L’approche retenue part du principe qu’il est nécessaire de changer les personnes pour changer les systèmes et que les compétences intérieures dont nous avons besoin pour compléter et accélérer nos approches extérieures peuvent être développées.
Un guide et des outils reposant sur 25 compétences réparties en 5 dimensions ont ainsi été développés et mis à la disposition du monde entier. Les cinq dimensions sont :
Être (Cultiver et développer sa vie intérieure); Penser (Comprendre la complexité du monde); Se relier (Prendre soin des autres et du monde); Coopérer (Instaurer une relation de confiance et agir ensemble); Agir (conduire et accompagner le changement).
Parmi les messages clés que comporte cette démarche et qui rejoint pleinement ma propre pensée est qu’il est nécessaire d’établir des relations et des liens fondés sur la bienveillance, la compassion et le sentiment d’appartenance à une communauté, à la planète et aux générations futures tout en contribuant à bâtir un monde plus juste, inclusif et prospère.
Troisième source d’information ayant alimenté ma réflexion sur le sujet, est ce texte d’Alice Carabédian dans le no.71 (aout-sept 2025) du magazine Socialter. Cette philosophe et essayiste, spécialiste de la science-fiction, nous parle de la dystopie ou l’imaginaire de la fatalité, ayant fait le constat que s’installe dans l’esprit des gens la peur de la fin du monde, avec l’idée que le pire est inévitable et que les dés sont jetés. Nous sommes arrivés au point où cette fatalité ne dérange plus et devient juste un spectacle, alimenté par les nouvelles et certains films visant le grand public. Pour ainsi, Alice nous invite à une réappropriation du futur, en façonnant nos imaginaires collectifs de manière nouvelle et enviable. Pour contrer la dystopie et son fatalisme, il faut nous apercevoir que d’autres possibles existent et imaginer des futurs désirables laissant de nouveau place à l’utopie (terme inventé par Thomas More qui dépeint dans son livre Utopia, une société idéale).
Alors plutôt que de suggérer une liste d’idées et de solutions, je laisse votre imaginaire opérer pour définir un monde idéal, un monde auquel vous aspirez. Et si vous êtes coincés sur la page blanche, voici tout de même un certain nombre d’écrits et de documentaires que j’ai choisis pour être reconnu comme biens construits, instructifs et inspirants. Ils démontrent que d’autres futurs sont possibles, au travers d’expériences concrètes et éprouvées ou de récits imaginaires. Ils invitent à construire collectivement de nouveaux récits, centrés sur l’harmonie et l’inclusion, le bien-être des humains et de la planète, l’équité et la justice, le respect et l’interdépendance, et bien d’autres valeurs trop souvent délaissées.
Et comme une personne inconnue (au moins de moi) l’a si bien dit : It’s too late to be pessismistic!
Livres : Demain de Cyrile Dion (en film aussi) et Demain le Québec; Le Ministère du futur de Kim Stanley Robinson; Les Furtifs d’Alain Damasio; Renaissance écologique de Julien Dossier; Hexa de Gabrielle Filteau-Chiba; Et si…on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? de Rob Hopkins; et cette liste du site de la fresque des nouveaux récits.
Films documentaires :
Un monde nouveau de Cyrile Dion en 3 épisodes, dont voici deux petits extraits.
Hope de Javier Pena une série en 6 épisodes remplis d’idées concrètes et inspirantes pour faire face à la crise climatique
La terre vue du cœur, un magnifique film qui dresse un portrait de la relation entre l’humain et le reste du vivant et offre des réflexions et des pistes pour revoir notre approche… On y retrouve Hubert Reeves, Frédéric Lenoir et bien d’autres intervenants qui pourraient vous être familiers.
Love thy Nature avec Liam Neeson comme narrateur. De magnifiques images, un beau récit.
Climat, mon cerveau fait l’autruche, enquête scientifique de Raphaël Hitier qui aborde les biais cognitifs, contradictions et peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie, menant ainsi à l’inaction.
Normal is over avec entres autres :
PS: Je n’ai pas lu tous les livres référés, mais j’ai apprécié chaque minute des films/documentaires listés.
La fresque des nouveaux récits est une approche calquée sur la Fresque du Climat, dont je parlais dans mon article de mars 2024. J’ai aussi eu l’occasion par le passé de participer à d’autres fresques toutes aussi pertinentes les unes que les autres, telles que la fresque du numérique ou celle de l’économie circulaire.
Un des éléments discutés en groupe avec l’animateur portait sur la « clé » au verrou en lien avec l’éducation et la culture. Il nous faut nous éloigner des « normes socio-écocidaires » basées sur des récits dominants qui véhiculent des normes sociales incompatibles avec les limites planétaires (voyages lointains, achats de biens sans limites, etc.) et les planchers sociaux (exploitation humaine, inégalités engendrées, etc.). L’adoption d’un « nouveau paradigme » est nécessaire, offrant de nouveaux récits diffusant des normes sociales qui soient compatibles avec les limites planétaires et les planchers sociaux. Ces nouveaux récits pourront ainsi accélérer la transition grâce à l’atteinte de points de bascule sociaux.
Cet article s’inspire aussi de ma participation l’automne dernier à un autre atelier fort intéressant, soit celui des Inner Development Goals (IDG). Cette initiative a été cocréé par plus de 1 000 scientifiques, experts et professionnels des ressources humaines et du développement durable, en réponse au constat que les Objectifs de Développement Durable (ODD ou SDG en anglais) des Nations Unies pour 2030 ne progressaient pas ou peu voire même des régressions étaient observées dans certains champs d’action (voir le rapport de mi-parcours publié en 2023). Le constat fait par ces experts fut que ce qui manque largement dans les stratégies actuelles, c'est une vision claire des capacités, qualités ou compétences que nous devons développer chez les individus, les groupes et les organisations qui jouent un rôle crucial dans la réalisation des ODD. L’approche retenue part du principe qu’il est nécessaire de changer les personnes pour changer les systèmes et que les compétences intérieures dont nous avons besoin pour compléter et accélérer nos approches extérieures peuvent être développées.
Un guide et des outils reposant sur 25 compétences réparties en 5 dimensions ont ainsi été développés et mis à la disposition du monde entier. Les cinq dimensions sont :
Être (Cultiver et développer sa vie intérieure); Penser (Comprendre la complexité du monde); Se relier (Prendre soin des autres et du monde); Coopérer (Instaurer une relation de confiance et agir ensemble); Agir (conduire et accompagner le changement).
Parmi les messages clés que comporte cette démarche et qui rejoint pleinement ma propre pensée est qu’il est nécessaire d’établir des relations et des liens fondés sur la bienveillance, la compassion et le sentiment d’appartenance à une communauté, à la planète et aux générations futures tout en contribuant à bâtir un monde plus juste, inclusif et prospère.
Troisième source d’information ayant alimenté ma réflexion sur le sujet, est ce texte d’Alice Carabédian dans le no.71 (aout-sept 2025) du magazine Socialter. Cette philosophe et essayiste, spécialiste de la science-fiction, nous parle de la dystopie ou l’imaginaire de la fatalité, ayant fait le constat que s’installe dans l’esprit des gens la peur de la fin du monde, avec l’idée que le pire est inévitable et que les dés sont jetés. Nous sommes arrivés au point où cette fatalité ne dérange plus et devient juste un spectacle, alimenté par les nouvelles et certains films visant le grand public. Pour ainsi, Alice nous invite à une réappropriation du futur, en façonnant nos imaginaires collectifs de manière nouvelle et enviable. Pour contrer la dystopie et son fatalisme, il faut nous apercevoir que d’autres possibles existent et imaginer des futurs désirables laissant de nouveau place à l’utopie (terme inventé par Thomas More qui dépeint dans son livre Utopia, une société idéale).
Alors plutôt que de suggérer une liste d’idées et de solutions, je laisse votre imaginaire opérer pour définir un monde idéal, un monde auquel vous aspirez. Et si vous êtes coincés sur la page blanche, voici tout de même un certain nombre d’écrits et de documentaires que j’ai choisis pour être reconnu comme biens construits, instructifs et inspirants. Ils démontrent que d’autres futurs sont possibles, au travers d’expériences concrètes et éprouvées ou de récits imaginaires. Ils invitent à construire collectivement de nouveaux récits, centrés sur l’harmonie et l’inclusion, le bien-être des humains et de la planète, l’équité et la justice, le respect et l’interdépendance, et bien d’autres valeurs trop souvent délaissées.
Et comme une personne inconnue (au moins de moi) l’a si bien dit : It’s too late to be pessismistic!
Livres : Demain de Cyrile Dion (en film aussi) et Demain le Québec; Le Ministère du futur de Kim Stanley Robinson; Les Furtifs d’Alain Damasio; Renaissance écologique de Julien Dossier; Hexa de Gabrielle Filteau-Chiba; Et si…on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? de Rob Hopkins; et cette liste du site de la fresque des nouveaux récits.
Films documentaires :
Un monde nouveau de Cyrile Dion en 3 épisodes, dont voici deux petits extraits.
- Ministre Env.&Chang. Climat au Brésil : « Notre idéal de l’avoir (monde fini) a remplacé notre idéal de l’être (qui est infini) »
- Pépé Mujica (ex. président de l’Uruguay) : « les gens confondent le bonheur avec le fait d’avoir, être avec avoir » « sobriété de vie est une garantie de liberté »…« quand tu achètes de nouvelles choses, tu ne les achètes pas avec de l’argent, mais avec du temps, ce temps que tu as passé pour obtenir cet argent »
Hope de Javier Pena une série en 6 épisodes remplis d’idées concrètes et inspirantes pour faire face à la crise climatique
La terre vue du cœur, un magnifique film qui dresse un portrait de la relation entre l’humain et le reste du vivant et offre des réflexions et des pistes pour revoir notre approche… On y retrouve Hubert Reeves, Frédéric Lenoir et bien d’autres intervenants qui pourraient vous être familiers.
- F. Lenoir : « Il y a une prise de conscience qui est en train de se faire. … Il suffit que 20 ou 25% qui vit autrement…le seuil de basculement de la société » « Énergie et conscience qui sont en train de faire bouger les choses. »
Love thy Nature avec Liam Neeson comme narrateur. De magnifiques images, un beau récit.
Climat, mon cerveau fait l’autruche, enquête scientifique de Raphaël Hitier qui aborde les biais cognitifs, contradictions et peurs qui nous habitent quand il s'agit de changer nos habitudes de vie, menant ainsi à l’inaction.
Normal is over avec entres autres :
- Paul Gilding, ancien PDG de Greenpeace devenu consultant et auteur : « La croissance économique se poursuit... mais l'humanité paie avec une carte de crédit planétaire... le moment viendra où il faudra rembourser. »
- Ian McCallum – docteur, psychiatre, poète, auteur : « Lorsque le bien-être des autres devient primordial, votre propre bien-être est presque garanti. »
- Kate Ratworth – économiste et auteure de la théorie du donut : « Chacun d'entre nous a un impact sur l'économie : la façon dont nous faisons nos achats, voyageons, mangeons, investissons, votons, protestons, le travail que nous faisons, etc. » « Nous avons tous des réseaux dans nos vies. » « Le système change lorsque de nombreuses petites actions se mettent en place et commencent à créer un mouvement. »
PS: Je n’ai pas lu tous les livres référés, mais j’ai apprécié chaque minute des films/documentaires listés.
2 Comments
Encore un article bien réfléchi et bienveillante. Merci, Fred, pour prendre le temps d'attirer mon attention sur les choses essentielles de la vie, ça fait du bien ! Un abrazo.
Merci Fred de partager tes réflexions :)